L’activité physique désigne tous les mouvements du corps qui entraînent une dépense d’énergie : marcher, jardiner, monter les escaliers, danser, jouer avec ses enfants… Elle est essentielle pour préserver la santé de notre système abdomino-pelvien au quotidien.

Pratiquée régulièrement et sans excès, l’activité physique :

  • Améliore la digestion et soutient le fonctionnement du système digestif.
  • Favorise une meilleure gestion de la pression intra-abdominale, réduisant le stress sur le plancher pelvien.
  • Renforce la sangle abdominale et le bassin, essentiels pour la stabilité du tronc.
  • Diminue les douleurs lombaires et pelviennes en optimisant la posture et la coordination musculaire.
  • Contribue à prévenir les douleurs périnéales en stimulant une meilleure vascularisation et tonicité musculaire.

En somme, le mouvement quotidien est un véritable allié pour prendre soin de son corps, sans nécessairement passer par une pratique sportive intense.

Le sport, quant à lui, implique un entraînement structuré, souvent à haute intensité et avec des contraintes physiques spécifiques. Lorsqu’il est pratiqué sans tenir compte des besoins particuliers du système abdomino-pelvien, il peut devenir un facteur de risque.

Depuis plusieurs années, certains sports sont pointés du doigt pour leur association avec des troubles pelviens tels que :

  • Une sensation de gêne ou de lourdeur dans le bassin,
  • L’incontinence urinaire,
  • Le prolapsus des organes pelviens,
  • Les douleurs lombo-pelviennes,

Ces risques concernent particulièrement les sports à fort impact (course, trampoline, haltérophilie, gymnastique…), où les répétitions d’impacts et l’augmentation excessive de la pression intra-abdominale sollicitent fortement la sphère périnéale. Entraîner son corps intensément sans ajuster la charge, le temps, l’intensité, la fréquence de l’entraînement et ses besoins de récupération peut conduire à un déséquilibre et à l’apparition de symptômes.

L’incontinence urinaire est l’un des symptômes les plus répandus, touchant jusqu’à 50% des sportives, selon le type de sport pratiqué. Trois formes principales sont observées :

  • Incontinence à l’effort (SUI): fuites lors d’un saut, d’une toux ou d’un effort physique.
  • Incontinence d’urgence (UUI): besoin soudain et difficile à contrôler d’uriner.
  • Incontinence mixte (MUI): combinaison des deux.
  • Certaines disciplines particulièrement exposées, comme le trampoline ou le volleyball, affichent des taux de prévalence très élevés (jusqu’à 80%).

Pourtant, malgré cette fréquence, la parole reste souvent taboue, et peu d’athlètes consultent un·e professionnel·le de santé pour en parler ou pour mettre en place une prévention spécifique.

Le petit mot de Duc :

Bouger oui, mais bouger intelligemment !

La bonne nouvelle ? Le mouvement reste indispensable pour la santé pelvienne. Il ne s’agit pas de “diaboliser” le sport, mais plutôt de réapprendre à bouger en respectant son corps :

  • Adapter la charge d’entraînement,
  • Travailler la coordination diaphragme-abdominaux-plancher pelvien,
  • Intégrer des exercices de renforcement ciblés,
  • Se faire accompagner par des professionnel·les formé·es.
  • Khan S : Frequency of urinary incontinence among female athletes of Karachi . Ann Jinnah Sindh Med Univ. 2018
  • Skaug KL, Engh ME, Frawley H, Bø K. Prevalence of pelvic floor dysfunction, bother, and risk factors and knowledge of the pelvic floor muscles in Norwegian male and female powerlifters and Olympic weightlifters. 2020
  • Wikander L, Kirshbaum MN, Waheed N, Gahreman DE. Urinary incontinence in competitive women powerlifters: a cross-sectional survey. 2021
  • Santé par la course à pied “quantification du stress ” la clinique du coureur 2001 
  • What is known from the existing literature about the available interventions for pelvic floor dysfunction among female athletes? A scoping review (Silvia Giagio et al 2022)
  • Syeda, F., & Pandit, U. (2024). Urinary incontinence in female athletes: A systematic review on prevalence and physical therapy approaches. Department of Community Health Physiotherapy, D. Y. Patil School of Physiotherapy, D. Y. Patil University
  • Garrington, C., O’Shea, S., & Pope, R. (2022). Prevention and management of urinary incontinence, anal incontinence and pelvic organ prolapse in military women and female elite athletes. Journal of Military and Veterans’ Health
  • Dobbertin Gram, M. C., & Bø, K. (2019). High level rhythmic gymnasts and urinary incontinence: Prevalence, risk factors, and influence on performance. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 29(11), 1551–1558. https://doi.org/10.1111/sms.13525